Droit de réponse

Publié le 02/04/2020 par La Rédaction
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Monsieur Poissenot, 

Je suis sidéré, et de très nombreux libraires ou simples lecteurs vont l'être également, par votre article publié aujourd'hui dans Livres hebdo

Comment, en cette période si difficile, pouvez-vous mettre en cause la "foi" qui anime les libraires dans l'exercice de leur métier et dans la vision du monde qu'ils défendent ? Oui, les libraires ont très massivement choisi, malgré les risques colossaux que cette crise fait peser sur leur avenir, de faire primer l'exigence sanitaire par rapport à leur intérêt financier immédiat. Cela illustre justement leur vision du monde, un monde où l'on se soucie de la santé de ses clients, de ses salariés, du transporteur, du livreur, un monde où la responsabilité et la solidarité ne sont pas de simples slogans.
Les innombrables témoignages de sympathie et de soutien des clients des librairies permettent de mesurer leur reconnaissance, gage d'un attachement sans doute renforcé à l'avenir.

Les bibliothèques, que vous connaissez bien je crois, en tous les cas manifestement mieux que les librairies, sont également fermées et ne livrent pas d'ouvrages à leurs lecteurs. Si l'on suit votre raisonnement, on devrait, de ce fait, douter également de leur "foi" dans leur mission et de leur vision du monde...

Vous citez la proposition de Bruno le Maire d'étudier la réouverture des librairies mais vous négligez le fait qu'elles se retrouveraient alors évincées de la majorité des dispositifs d'aide tout en réalisant un chiffre d'affaires dérisoire. Bon calcul pour l'Etat mais pas pour les librairies.

Ne pas comprendre la position actuelle des libraires et les mettre en accusation dans cette période douloureuse, c'est faire preuve de beaucoup d'ignorance ou de mauvaise foi. Et peut-être des deux...

Guillaume Husson, Délégué général du SLF